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La CGT et la CFDT divergent sur l'action syndicale
François Chérèque et Bernard Thibault ont rencontré Nicolas Sarkozy et François Fillon, lors du sommet social du 18 janvier, au palais de l'Elysée.AFP/CHRISTOPHE ENA Il arrive que les syndicats aient plus de mal à trouver un compromis entre eux qu'avec le patronat. C'est le cas de figure auquel est confrontée l'intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-FSU-Solidaires, qui se réunit, jeudi 9 février, pour préparer la journée d'action européenne de la Confédération européenne des syndicats (CES) le 29 février. FO, la CFTC et la CFE-CGC boycottent l'intersyndicale.Au départ, la configuration était simple. La CES, dont sont membres la CGT, la CFDT, FO et la CFTC – l'UNSA est associée –, organise une journée européenne d'action le 29 février, pour s'opposer au nouveau traité qui sera signé le 1er mars. Pour la CES, ce traité "réduira le soutien de la population pour l'intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage. Sans investissements durables pour la croissance, les mesures d'austérité ne résoudront pas la crise de l'euro et de l'emploi". La CES réclame "un protocole de progrès social" pour "garantir le respect des droits sociaux fondamentaux". "VASTE CAMPAGNE DE CULPABILISATION" Dès le 2 février, le comité confédéral national de la CGT – son parlement – appelait les salariés "à se mobiliser dans l'unité syndicale la plus large, à décider de la grève sur les lieux de travail". Dans son appel, la CGT dénonçait un nouveau traité qui "ne ferait qu'alimenter les rejets des solidarités, les replis nationaux, la montée des forces nationalistes et d'extrême droite". Mais elle établissait aussi le lien avec les mesures annoncées le 29 janvier par Nicolas Sarkozy – la TVA sociale et les "accords compétitivité-emploi" – qui "à nouveau vont frapper durement les salariés, les retraités, les privés d'emploi". Elle dénonçait "une vaste campagne de culpabilisation": "partout les salariés s'entendent dire qu'ils coûtent trop cher". Avant même le sommet social du 18 janvier, les divergences entre la CGT et la CFDT se sont accentuées. La CFDT est hostile à la TVA sociale mais souhaite une réforme du financement de la protection sociale. Sur les "accords compétitivité-emploi", elle récuse le délai de deux mois fixé aux négociations, qui démarrent le 17 février, et rejette toute remise en cause des 35 heures, mais elle accepte de discuter de la compétitivité. "COUP DE FORCE" La CGT, la CFDT et FO se sont insurgées contre une proposition de loi de Jean-Luc Warsmann, député UMP des Ardennes, votée en deuxième lecture le 31 janvier par l'Assemblée nationale qui, dans son article 40, dispose "que la mise en place d'une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l'année ne constitue pas une modification du contrat de travail". Un sujet au cœur de la négociation sur "les accords compétitivité-emploi". La CGT dénonce un "coup de force". Jean-Claude Mailly (FO), fustigeant un "tour de passe passe", a demandé que le Parlement ne vote pas ce texte. François Chérèque a adressé la même requête à François Fillon jugeant "contradictoire que le Parlement légifère" sauf "à réduire l'utilité de cette négociation". L'engagement électoral de Bernard Thibault, qui a souhaité ouvertement un "changement de président de la République", complique encore la donne. Jeudi 9 février sur France Info, M. Chérèque a affirmé qu'il n'est "pas question de participer à une journée d'action à caractère électoraliste ou politique". Refusant toute grève, le secrétaire général de la CFDT évoque une journée "d'information" pour exprimer "une forme de désaccord avec la façon dont les chefs d'Etat et de gouvernement font face aux dettes des Etats". Le compromis avec la CGT sur une position commune pour le 29 février sera difficile à trouver. Michel Noblecourt |
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